La justice n’est pas un « système » : c’est un droit pour tou⋅tes
Trente-deux associations en soutien à l’Associazione per gli Studi Giuridici sull’Immigrazione (ASGI)
Il existe une conception politique qui perçoit la loi comme un obstacle, les avocats et les associations de défense des droits comme une nuisance, et le pouvoir judiciaire comme un ennemi à abattre dès qu’une décision prise au nom de la loi déplaît au pouvoir en place.
Ces attaques visent désormais tous ceux qui, à divers titres, protègent les droits des personnes, mais avec une intensité particulière lorsque ces droits concernent des étrangers. Cette attaque contre le pouvoir judiciaire est liée à la question de l’immigration, véritable instrument de propagande constante. Ainsi, une campagne médiatique est lancée contre les associations d’avocats spécialisés en immigration et en droit d’asile et leurs membres chargés de l’accueil, s’en prenant aux magistrats coupables d’invalider des mesures gouvernementales jugées contraires aux lois nationales et européennes. Cette campagne n’aborde jamais le fond du problème ni la loi contestée, mais se contente d’opposer les pouvoirs constitutionnels de l’État, exigeant la primauté du pouvoir gouvernemental. Ces attaques visent donc non seulement les personnes désignées, mais aussi le cœur même des institutions et la séparation des pouvoirs inscrite dans la Constitution de la République.
Les objectifs sont multiples mais convergents : les associations de défense des droits sont perçues comme des ennemis, la question migratoire est instrumentalisée comme une menace pour la sécurité nationale, et le pouvoir judiciaire est désigné comme l’ennemi ultime car il interfère dans les décisions politiques.
Nous sommes alarmés par ces campagnes médiatiques et politiques car elles proposent un modèle de société et un système juridique qui, avant tout, violent la Constitution, tout en instaurant un ordre social hiérarchisé où les plus défavorisés sont opposés aux autres.
Face à ce scénario, qui s’intensifie et devient de plus en plus violent, nous estimons qu’il est de notre devoir de rappeler que dans tout État de droit, comme l’Italie, les associations qui interviennent auprès des tribunaux ou du public avec tous les praticiens du droit sont des instruments de justice, quel que soit leur parti. La question migratoire est une réalité sociale qui, comme toute autre, doit être gérée dans le respect des valeurs constitutionnelles et internationales. Le pouvoir judiciaire n’est ni un allié ni un ennemi, mais une institution soumise uniquement à la loi, conformément à la Constitution, et indépendante de tout autre pouvoir. Il ne sert donc que la justice, et certainement pas le pouvoir ou la majorité politique du moment, comme garant des droits de tous.
Notre engagement vise à réaffirmer que les politiques de la majorité, qui alternent en démocratie, ne sont légitimées que dans les limites fixées par la Constitution.

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